Eye tracking Summer Tour : SmartEye
Sami Lini 7 septembre 2014

C’est la rentrée, le moment idéal pour venir finaliser notre tour des systèmes eye tracking, et pour réveiller notre blog, qui s’était sagement assoupi au soleil ! Nous avons eu la semaine passée l’opportunité de poser nos yeux sur les systèmes de trois autres fabricants de matériel d’oculométrie : les suédois de SmartEye, les allemands d’Ergoneers et les frenchies de Pertech. Trois fabricants intéressants à suivre car ils proposent des approches différentes des poids lourds du domaine, Tobii et SMI, et donc des cas d’utilisation de la technologie eye-tracking complémentaires.

Nous réservons Pertech et Ergoneers, dont les positionnements sont comparables, à un prochain article, aujourd’hui, nous parlons de SmartEye !

Jusqu’à cet été, en plus des écrans avec eye tracker intégré tels qu’on peut les trouver chez certains de leurs concurrents, leur offre se positionnait sur le même segment que le système de Seeing Machines « FaceLab ». Il s’agit d’un système basé sur plusieurs caméras (jusqu’à 8) qui sont positionnées dans tout l’environnement que l’on souhaite couvrir et d’un ensemble d’illuminateurs infrarouges.

Cette architecture offre l’avantage de couvrir un très large champ de détection (et donc adapté à des contextes dans lesquels l’opérateur explore un environnement vaste). Elle offre également la possibilité, si nécessaire, d’être déportée, l’utilisateur ne porte rien sur lui (méthode non invasive), et cela permet de suivre tant la position du regard que celle de la tête.

Le second avantage provient de  la solution logicielle : une reconstruction (manuelle) 3D de l’environnement, dans lequel sont référencées les différentes caméras, permet alors de suivre la position du regard et de la tête par rapport à l’ensemble. Pas besoin de mire ou de système de marqueurs à positionner, c’est la géométrie de la scène qui permet de connaitre les points d’intersection du regard avec les différents plans, et donc de générer les statistiques d’exploration visuelle ( via la définition d’AOI) ou les visualisations de données (cartes de chaleur ou autres).

Pratique quand l’environnement est très complexe, c’est ce qui en fait une solution souvent exploitée au sein de simulateurs ou de véhicules instrumentés : les caméras sont positionnées et peu déplacées, et la scène est modélisée très précisément une fois pour toutes. Ce qui en fait sa force est donc également ce qui est sa faiblesse : il ne s’agit pas d’un système plug and play, une phase de construction de l’environnement est nécessaire pour pleinement exploiter l’outil.

Suivi du regard et de la tête Reconstruction 3D de l'environnement et eye tracking

Nous avions eu une expérience désagréable avec FaceLab il y a quelques années (difficulté de calibrage, mise en oeuvre du matériel…) et étions donc très curieux de voir comment se comportait le système de SmartEye en comparaison. La démonstration que nous avons eue a été très convaincante : sans calibration préalable, le suivi du regard fonctionne bien, même avec lunettes et malgré des conditions lumineuses pas optimales (lumière extérieure de biais).

La solution logicielle qui accompagne le système semble bien faite mais difficile de dire en l’état si elle est vraiment adaptée à l’utilisation ou surtout à la démonstration. Un premier contact encourageant mais nous aurons l’occasion de tester plus en détail le système et la solution logicielle dans les prochains mois, nous vous raconterons tout évidemment !

En complément de cette offre matérielle, SmartEye se positionne depuis cet été sur le segment des eye trackers portatifs type « barres », particulièrement destinés à du tracking sur ordinateur portable ou sur écrans non dédiés, comme on trouve là encore des équivalents à la concurrence. Les caractéristiques qui nous ont été annoncées font état d’une fréquence d’acquisition élevée (de 60 à 120Hz aujourd’hui, mais peut-être plus encore à venir) et une précision de 0,3° d’angle visuel (en théorie en tout cas !).

Sami Lini
Sami Lini

Ingénieur-docteur en Facteurs Humains, Sami a d’abord travaillé dans le domaine de la R&D aéronautique. Les Facteurs Organisationnels et Humains opérationnels, la neuroergonomie et la recherche utilisateur (UX) sont ses domaines de prédilection qu’il apporte à nos clients tant dans le domaine de l’industrie à risque que pour les produits grand public.

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