Le WAQ 2016, une édition orientée sur l’UX design
Céline Rouquié 21 avril 2016

Ayant à coeur de former ses équipes et de maintenir une veille sectorielle pointue, Akiani a envoyé deux membres de son équipe au Québec pour assister au WAQ (Web à Québec), un cycle de conférences de 3 jours portant sur les sujets du Web. La programmation nous intéressait particulièrement car l’édition 2016 était très fortement orientée sur l’UX design. Pourquoi notre choix s’est-il porté sur le WAQ canadien plutôt que sur le Web2Day nantais par exemple ? Tout simplement parce qu’en France, il n’est pas évident de faire venir des spécialistes américains et que le WAQ se distingue par sa sélection de conférenciers étrangers hors pair.

Entourée d’une délégation de plus de 250 Français, nous avons assisté à de nombreuses conférences que je vous propose de résumer en quelques lignes. Je vous invite également à parcourir le compte Twitter Akiani où figure l’intégralité des prises de notes schématiques (sketchnote) réalisées à cette occasion.


Résumé des 3 jours intenses de conférences UX au WAQ 2016

Jour 1 : tests utilisateurs, publicité et applications conversationnelles

C’est le Français Sébastien Tanguy de Testapic qui a ouvert le bal des conférences au WAQ en insistant sur la nécessité de coupler des données quantitatives à des données qualitatives afin de redresser et pondérer les résultats obtenus dans le cadre de tests utilisateurs. Il a par ailleurs comparé les avantages respectifs des tests physiques en laboratoire et des tests à distance afin de mettre en avant le fait que des tests menés en environnement immersif (tests à distance) provoquent plus de spontanéité. Nous avons ensuite poursuivi sur la lutte contre les ad-blocks, un sujet brûlant, avec l’intervention d’Emile Girard, directeur performance en milieu médiatique chez Québecor. Ce dernier préconise l’échange de données personnelles contre un contenu sans publicité plutôt que d’envisager une dégradation du contenu.
Pour finir, Tony Aubé, UI/UX designer chez Osmo en Californie, a abordé la question du design des nouvelles générations d’interfaces (Internet des objets, application conversationnelle, etc.) en précisant que le copier/coller d’UI ne fonctionne pas et que l’on se dirige vers la mort de l’UI tel qu’on l’entend aujourd’hui. Le coeur du design sera moins l’architecture de l’information que l’architecture de la conversation. Voilà de quoi méditer en attendant le lendemain !

15 à 20 utilisateurs suffisent à détecter la majorité des problemes - S. Tanguy

15 à 20 utilisateurs suffisent à détecter la majorité des problèmes – S. Tanguy

En fonction de l'objectif visé (focus de l'attention ou attractivité) choisissez une pub bannière ou une pub contextuelle - S. Prom Tep

En fonction de l’objectif visé (focus de l’attention ou attractivité) choisissez une pub bannière ou une pub contextuelle – S. Prom Tep

Jour 2 : l’importance de l’innovation, de la créativité et de l’expérience

De bon matin, Raphaël Yharrassarry nous a parlé de l’ingratitude du métier d’UX designer : plus on travaille, plus c’est propre, moins ça se voit ! Et d’avancer que lorsqu’un utilisateur se souvient d’une interface c’est qu’elle présente des problèmes. La conférence suivante est venue nuancer cette vision. Si un bon UX design doit être transparent, il doit aussi être innovant. C’est le propos de Jaime Levy qui nous a livré les clés de la réussite d’un produit Web innovant. Il s’agit pour elle de prendre un service existant et de lui appliquer de nouveaux mécanismes en créant de nouveaux modèles mentaux. Pour cela, rien de tel qu’un peu d’inspiration et ça tombait bien car la conférence suivante voyait intervenir Jean-Sébastien Daigle, designer chez Libéo, qui a ensuite pris le relai en nous proposant des méthodes pour stimuler la créativité. Si trouver l’inspiration sous la douche fonctionne pour 72% des gens, le plus inspirant reste encore d’après lui de se tourner vers les icônes en la matière : Sagmeister, Victore, Scher, Norman Vaynerchuk ou encore Mike Monteiro, designer et co-fondateur du Mule Design Studio à San Francisco.
C’est d’ailleurs ce dernier qui a clôturé cette 2e journée de conférences en vantant les mérites de l’embauche d’un designer d’expérience en milieu startup et de la nécessité de continuer à former vos jeunes recrues une fois embauchées. Un pitch très orienté vers le public présent au WAQ principalement composé de startups et d’agences.

Plus l'UX est propre, moins on s'en souvient - R. Yharrassarry

Plus l’UX est propre, moins on le voit, moins on s’en souvient – R. Yharrassarry

Innover c'est prendre un service existant et lui appliquer de nouveaux mécanismes - J.Levy

Innover c’est prendre un service existant et lui appliquer de nouveaux mécanismes – J.Levy

Si une startup n'a qu'un seul designer, il doit être un bon leader et un bon prof - M. Monteiro

Si une startup n’a qu’un seul designer, il doit être un bon leader et un bon prof – M. Monteiro

Jour 3 : le choix de la transparence et la lecture de l’émotion

Le lendemain, l’UX designer Jeff Gothelf a pris la parole pour nous exposer sa vision du lean UX, reposant majoritairement sur l’expérimentation et la mesure des résultats afin de bannir toute subjectivité de la conception UX. Quant aux méthodes de travail, il encourage d’inclure le client en toute transparence dans les process de conception et de ne pas hésiter à l’inviter à des séances de co-création afin de limiter l’avalanche de retours qui ne manquerait pas de tomber dans le cas inverse. Une méthode participative que nous mettons déjà en oeuvre chez Akiani et qui porte ses fruits.
Nous avons finalement choisi de clôturer en beauté l’édition 2016 du WAQ en participant à l’atelier de design émotionnel de la chercheuse en UX Carine Lallemand. Elle y a éclairci la frontière ténue entre émotions et comportements et nous a donné nombre d’outils afin d’évaluer la charge émotionnelle de nos designs (roue des émotions de Genève, CaptureEMO, etc.).

Il faut bannir la subjectivité de la conception UX - J.Gothelf

Il faut bannir la subjectivité de la conception UX – J.Gothelf

Les 6 sources d'émotions positives - C. Lallemand

Les 6 sources d’émotions positives – C. Lallemand

L’ensemble de ces conférences a été entouré de rencontres professionnelles privilégiées lors des « 5 à 7 » québécois (les happy hours du Québec) lors desquels nous avons pu échanger entre confrères autour de nos métiers. Nous tenons à remercier l’OFQJ, l’organisme qui a organisé ce séjour d’une main de maître et sans qui l’expérience du WAQ n’aurait pas été si riche.

En attendant l’édition 2017 du WAQ, nous vous donnons rendez-vous à l’UXday Paris !

Céline Rouquié Bordeaux

Diplômée d’un Master en Design d’Interface, Céline a officié à la Mairie de Paris puis en agence Web avant de mettre au service d’Akiani sa double expertise en design d’interface (UI) et en expérience utilisateur (UX).

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