L’été des glasses épisode 3 : SMI Glasses 2.0
Sami Lini 11 juillet 2014

L’été ce n’est pas que la Coupe du Monde (d’autant que nous avions oublié un facteur dans notre analyse précédente : « à la fin c’est l’Allemagne qui gagne »…) ! Nous continuons donc notre tour d’horizon des Glasses qui fleurissent un peu partout en ce moment avec un aperçu des lunettes version 2014 par le fabricant allemand d’eye trackers SMI !

SMI Glasses 2.0

Note : N’étant pas utilisateurs de la version précédente, que nous n’avions pas non plus eu l’occasion d’évaluer finement, peut-être que certaines constatations ne seront pas propres à cette nouvelle génération.

SMI Glasses 2014 : vues de l’extérieur

La première impression est que la nouvelle génération semble avoir fait un petit régime et s’être un peu affinée. Ce n’est pas le jour et la nuit par rapport à la version précédente, l’ensemble est encore un peu encombrant à notre goût, mais cette petite cure minceur les met sur la bonne voie.

C’est indéniable, le produit est bien fini, très qualitatif, on note le souci du détail, par exemple dans les branches qui peuvent s’écarter vers l’extérieur pour enfiler plus facilement les lunettes. Un petit rien qui peut être confortable.

Les lunettes viennent avec un « boitier » : un kit intégrant un Samsung Galaxy S4 qui gère les commandes couplé à une batterie dédiée. Le tout est bien intégré, cela n’est pas trop lourd ni encombrant.

Sur le nez, le poids n’est pas gênant, elles sont étonnamment légères pour leur gabarit, en revanche l’épaisseur des montures gêne un petit peu. On s’y habitue sans doute mais c’est également à noter.

Un second point important à noter, il ne m’a pas été possible de tester les Glasses avec mes lunettes. Des verres correcteurs de différentes dioptries devraient être proposés pour se fixer sur les Glasses, mais toutes les vues ne pourront être corrigées, comme mon astigmatie.

Akiani : SMI Glasses 2.0

Le nez dans les données

Tout peut ensuite se passer depuis le smartphone via une application dédiée. La première impression est plutôt bonne, l’application semble simple à l’usage et performante. La visualisation temps réel des données collectées est tout à fait fonctionnelle. Les données s’affichent tout de suite, avec une légère latence dans l’affichage, probablement la faute aux calculs nécessaires à calculer la position du regard. Il est également possible de dupliquer l’affichage sur un PC, via un réseau WIFI ad hoc, voire de contrôler le boîtier (enregistrement, calibration) directement depuis l’ordinateur.

Sans calibration préalable, les données affichées semblent déjà tout à fait correctes. Il est possible d’affiner cela par un processus de calibration dynamique d’un ou plusieurs points. Là encore, la calibration à un point que nous avons testée semble simple et efficace, première impression à confirmer lors d’un vrai test dans nos locaux !

Deux mots concernant la solution logicielle PC. Le premier est qu’une option d’annotation durant la visualisation temps réel des données est disponible. Pratique et bien pensé, de quoi faire gagner du temps en post-traitement, si la fonctionnalité est aussi utilisable que la démonstration semblait le montrer.

Le second concerne le recollement des données, le procédé qui permet le passage de la vue egocentrée depuis les yeux de l’utilisateur à une vue allocentrée présentant une capture de la scène à analyser, via des zones d’intérêt (AOI) puis des statistiques quantitatives. Une solution algorithmique permet la discrimination saccades oculaires/fixations.

Le logiciel permet alors durant les phases de fixation d’effectuer le recollement à la main. L’image issue de la caméra avec la position du regard est affichée sur une partie de l’écran, l’image cible est affichée sur l’autre. L’utilisateur repère la position du regard sur l’image de la caméra et clique sur la position qui correspond dans l’image cible. Un clic prolongé permet un zoom pour plus de précision, le lâcher du clic passe à la frame suivante. Une vidéo parle mieux qu’un long discours !

C’était la solution déjà retenue pour la version précédente, nous serions très curieux d’avoir des retours sur l’utilisabilité de la fonction et le temps de traitement que cela représente !

La caméra centrale est dite HDR (High Dynamic Range), ce qui est censé lui permettre un fonctionnement avec un niveau de luminosité bien plus faible. Les tests effectués semblent effectivement aller dans cette direction, mais là encore, c’est une impression qui méritera d’être confirmée et comparée.

Un dernier mot concernant les fréquences d’échantillonnage : les lunettes peuvent enregistrer les données à 60Hz, ce qui permettra peut-être l’utilisation de techniques de traitement du signal plus avancées pour une utilisation plus poussée du matériel.

Voilà, c’est tout pour ce petit tour d’horizon ! Si vous avez des retours d’expérience sur la première génération, n’hésitez pas à nous les partager !

Sami Lini
Sami Lini

Ingénieur-docteur en Facteurs Humains, Sami a d'abord travaillé dans le domaine de la R&D aéronautique. Les Facteurs Organisationnels et Humains opérationnels, la neuroergonomie et la recherche utilisateur (UX) sont ses domaines de prédilection qu’il apporte à nos clients tant dans le domaine de l’industrie à risque que pour les produits grand public.

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