Psychophysiologie, merguez et physique quantique
Yannick Daviaux 13 septembre 2018

Dimanche de septembre, bières tièdes et soleil aux couleurs de l’été indien. Votre beau-frère lance les merguez sur le feu en vous défiant du regard : il ne les a pas percées. De toute évidence, il fait partie de ces personnes qui pensent que le jus des merguez contient toute la saveur et cherche à ouvrir le débat.

Comment esquiver cette discussion en toute décontraction et aborder un autre sujet ? Akiani vous donne un coup de pouce en vous présentant une publication scientifique qui décoiffe ! Et même que ça parle d’interaction entre l’esprit et la matière.

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Physique quantique, conscience et merguez

Rentrons directement dans le vif du sujet. Il existe en physique un fait dit du « problème de la théorie quantique » : lorsqu’un objet quantique est observé (par exemple un photon, c’est-à-dire une particule de lumière), cet objet se comporte différemment que lorsqu’il n’est pas observé. Une des explications avancées est que la conscience de l’observateur interagirait avec les propriétés de ces particules.

Vous avez bien lu : une part des chercheurs en physique quantique, généralement connus pour leur scepticisme rationnel et leur attitude cartésienne, pense que la conscience pourrait avoir un effet sur la matière ! Et cette idée est tellement forte qu’elle a été testée à 6 reprises entre 2012 et 2015 par l’équipe de Dean Radin de l’Institute of Noetic Sciences en Californie [1]. Et les auteurs n’ont pas chômé, puisqu’ils ont réalisé près de 250 sessions de tests avec un total de 137 personnes !

 

Comment ont-ils testé l’effet de la conscience sur la matière ?

Une expérience populaire en physique quantique consiste à projeter deux rayons lumineux d’une source commune à travers deux fentes creusées dans un support. Si l’on place une surface plane derrière ce support, la figure recueillie est composée de « franges » (alternance de bandes sombres et claires, dites « franges d’interférence »). Ces franges illustrent la nature ondulatoire de la lumière, comme présenté sur la vidéo suivante.

 

Les ondes provenant de la fente 1 et de la fente 2 se rencontrent parfois de manière constructive (figure 1 ci-dessous). Dans ce cas, l’intensité lumineuse devient plus forte. Dans d’autres cas, les ondes se rencontrent de manière destructive et l’intensité devient nulle (figure 2 ci-dessous). Les franges apparaissent ainsi en conséquence des interactions tantôt constructives (bande claires) et tantôt destructives (bandes foncées).

La possibilité d’observer ces franges, conséquence de l’impact des particules de lumière sur la surface, en illustre sa nature particulaire : chaque photon entrant en contact avec la surface contribue à l’émergence du pattern de frange d’interférence, comme lorsque l’on remplit un rectangle avec pleins de petits points d’encre. Ce pourquoi il est considéré que les particules de lumières ont une double nature onde-particule.

 

Source : http://tpe-bds.blogspot.com/p/deuxieme-partie.html

 

 

En utilisant ce modèle d’expérimentation, les auteurs ont testé leur hypothèse d’effet de la conscience – et en particulier de l’attention – sur la matière en proposant aux participants de focaliser leur attention sur les faisceaux lumineux passant au travers des deux fentes.

Le but : observer si l’attention a un effet sur les interactions destructives (figure 2 ci-dessus).

Comment : en comptant le nombre de particules qui entrent en contact avec le support lorsque des participants focalisent leur attention. Ce compte est comparé à un groupe de participants ne portant pas leur attention sur les faisceaux lumineux.

 

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À quoi s’attendaient les auteurs ?

D’après l’hypothèse des auteurs, l’attention devant réduire les interférences ondulatoires à la sortie des deux fentes. Ils s’attendaient donc à observer une variation du nombre de particules entrant en contact avec la surface à l’arrière des fentes. En bons sceptiques scientifiques, il a été vérifié que les conditions expérimentales soient contrôlées et reproductibles (température, dérive des outils utilisés, répétabilité…).

 

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Alors verdict ?

Au global, la série d’expérimentations démontre une variation du nombre de particules entrant en collision avec le support lorsque les participants focalisent leur attention sur les fentes. Cela illustre une forme d’interaction psychophysique avec la matière !

La direction des résultats n’est pas toujours consistante d’une expérimentation à l’autre. De plus, il est difficile d’expliquer pourquoi cette interaction existe. Mais les faits sont là et ce résultat reste absolument surprenant. Loin de là notre idée et celle des auteurs de défendre une explication ésotérique – bien au contraire ! –, ces résultats factuels suggèrent avant tout de rester ouvert dans notre compréhension du monde et des lois physiques qui le régissent.

 

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Et votre beau-frère dans tout ça ?

Et si avec ça votre beau-frère ne vous rapporte pas des bières fraîches, on ne pourra plus rien pour vous.

 

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Source

[1] Radin D., Michel L., Pierce A., & Delorme A. (2015).Psychophysical interactions with a single-photon double-slit optical system. Quantum Biosystems, 6(1) : 82-98.

Yannick Daviaux
Yannick Daviaux

Docteur en Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives, Yannick est spécialiste des mesures témoignant des interactions entre l’Homme et son environnement. Son approche inspirée des neurosciences, de la physiologie et la biomécanique offre une pluridisciplinarité permettant à l’agence de traiter les projets avec une approche intégrative visant une meilleure compréhension des facteurs humains associés aux performances motrices, cognitives et émotionnelles.

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