Un article avec des blagues boarder(cross) line …
Yannick Daviaux 22 février 2018

Chapter 4: le boardercross !

Deux athlètes sur le podium en boardercross, le snowboard français est à l’honneur à l’occasion des Jeux d’hiver ! Du coup, après le patinage artistique, on s’est dit qu’on ne pouvait pas passer à côté.

Vous aussi, vous avez vibré devant les runs de Julia Pereira De Sousa – Malibeau et Pierre Vaultier ? Vous aussi, vous êtes à deux doigts d’envoyer un mail à votre chef pour prétexter une angine (clin d’oeil clin d’oeil) et partir vous entraîner pour les Jeux 2022 ? AKIANI vous en raconte un peu plus avant que vous décidiez de tout plaquer !

Premier arrivé, premier servi

En boardercross, 4 à 6 snowboardeurs(euses) s’affrontent pour arriver en tête en bas d’une piste comportant des bosses, des portes et des virages relevés. Nous sommes sur le même format de compétition que les courses en BMX et motocross, un vrai combat à mort pour la victoire. Premier arrivé premier servi, et tant pis si les autres tombent parce que vous avez joué des coudes dans un virage.

Et ça fait mal quand on tombe ?

Une étude rétrospective sur plus de 1400 athlètes a recensé un risque proche de 12 blessures pour 1000 courses en compétition, soit 2 fois plus qu’en halfpipe* et 3 fois plus qu’en big air** (Major et al. 2014). Histoire d’en rajouter, c’est en boardcross que la sévérité des blessures est la plus élevée, avec des périodes de rééducation supérieures à 28 jours. Vos genoux, vos épaules et votre tête seront les premiers touchés.

Le conseil des AKIANAUTES : si vous chutez et que ça fait mal quand vous appuyez, alors n’appuyez pas. 

 

C’est vraiment important les qualités physiques en boardercross ?

Entre autres qualités physiques, les qualités de puissance et de résistance des jambes sont bien évidemment primordiales en boardercross. Pour les entraîneurs, l’utilisation de méthodes d’évaluation de l’état de fatigue des jambes des riders(euses) est un atout pour la planification des entrainements et d’optimisation des temps de récupération.

Pourquoi se reposer ? Parce qu’il a été montré – à partir d’un simple saut vertical en chaussettes – que la fatigue pouvait conduire à une altération des capacités neuromusculaires des jambes chez les snowboardeurs(euses) (Gathercole et al. 2015). En particulier, le temps de poussée est plus élevé avec une fatigue à court terme (entre 2 courses par exemple) et avec une fatigue à long terme (après un gros cycle d’entrainement de plusieurs semaines). Si les snowboardeurs(euses) passent plus de temps à pousser pour réagir à un événement, comme par exemple à l’atterrissage d’un saut ou pour éviter un(e) concurrent(e), ils (elles) seront moins réactifs(ives) : la chute n’est pas loin !

Le conseil des AKIANAUTES : pas la peine de tester les sauts verticaux dans la neige en chaussettes. C’est froid, ça mouille, et les conditions expérimentales ne sont pas bonnes. 

 

 

Et les qualités cognitives dans tout ça ?

A notre connaissance, aucune étude ne s’est penchée spécifiquement sur l’entraînement cognitif en boardercross. À noter cependant que la position au départ aurait une influence sur l’état d’anxiété des riders dans ce type de discipline, où la position du départ confère des avantages/désavantages (BMX, Di Rienzo et al. 2017). L’état d’anxiété rapporté par les riders est plus élevé lorsqu’ils démarrent sur la ligne interne (en référence au premier virage). La gestion de cet état d’anxiété, dont la présence peut être facilitatrice sur la performances (Hanton et al. 2008), se doit donc d’être optimisée comme tous les autres paramètres de performance.

Le conseil des AKIANAUTES : abonnez-vous à nos actualités sur Facebook et Instagram pour suivre l’avancée de notre projet top secret FlowTide. On ne sait jamais, des fois qu’on proposerait ce genre d’entraînement cognitif dans un avenir proche …

 

Vous avez toujours envie de tout plaquer ?

Alors n’hésitez plus ! Puisqu’on est une équipe sympa, nous vous avons concocté une lettre pré-rédigée pour votre chef que vous pouvez réclamer en faisant un tour sur notre site.

Mais vous ne pourrez pas dire que vous n’avez pas été prévenu des difficultés de cette discipline…

 

 

* Ce fameux ‘demi-tuyau’ où les riders effectuent une succession de figures aériennes

** Une épreuve où les snowboardeurs effectuent une seule figure aérienne à partir d’un énorme tremplin

 

 

 

 

Références

Di Rienzo F, Martinent G, Levêque L, MacIntyre T, Collet C, & Guillot A (2017). The influence of gate start position on physical performance and anxiety perception in expert BMX athletes, J Sports Sciences. doi: 10.1080/02640414.2017.1303188

 

Gathercole RJ, Stellingwerff T, Sporer BC (2015). Effect of acute fatigue and training adaptation on countermovement jump performance in elite snowboard cross athletes. J Strength Cond Res. 29(1):37-46. doi: 10.1519/JSC.0000000000000622.

 

Hanton S, Neil R, & Mellalieu, SD (2008). Recent developments in competitive anxiety direction and competition stress research. Int Rev Sport and Exerc Psychol. 1(1), 45–57. doi:10.1080/17509840701827445

 

Major DH, Steenstrup SE, Bere T, Bahr R, & Nordsletten L (2014). Injury rate and injury pattern among elite World Cup snowboarders: a 6-year cohort study. Br J Sports Med. 48(1),18-22. doi: 10.1136/bjsports-2013-092573.

 

Yannick Daviaux
Yannick Daviaux

Docteur en Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives, Yannick est spécialiste des mesures témoignant des interactions entre l’Homme et son environnement. Son approche inspirée des neurosciences, de la physiologie et la biomécanique offre une pluridisciplinarité permettant à l’agence de traiter les projets avec une approche intégrative visant une meilleure compréhension des facteurs humains associés aux performances motrices, cognitives et émotionnelles.

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